5 règles d'or pour agir sur la satiété

Introduction

La consommation alimentaire répond physiologiquement aux besoins énergétiques de l’organisme. Ces derniers sont continus alors que la prise alimentaire est discontinue sous la forme des repas ou collations diverses. L’adéquation entre les deux nécessite des mécanismes régulateurs très pointus : ils sont complexes et tous ne sont pas encore parfaitement connus. Ils définissent ce que l’on appelle le comportement alimentaire. Ils sont susceptibles de se dérégler, pouvant à l’extrême mener aussi bien à l’anorexie qu’à la boulimie.

La sensation de faim survient en général quelques heures après un repas et conduit à la recherche de nourriture. Elle est essentiellement en rapport avec une diminution du taux de sucre dans le sang (la glycémie) ; ainsi on peut penser que la faim est d’autant plus intense que la chute de la glycémie est importante. Dans certains cas elle peut s’accompagner d’une sensation de faiblesse générale, de tête vide en rapport avec une hypoglycémie vraie ou relative.

Le rassasiement que l’on ressent à la fin du repas et qui conduit (normalement) à l’arrêt de la prise alimentaire est la résultante de signaux multiples qui parviennent au cerveau au niveau d’une structure spécialisée (hypothalamus). L’augmentation du taux de sucre sanguin ainsi que la sensation de plénitude de l’estomac sont les premiers signaux. Ils sont relayés par des signaux hormonaux en provenance du tube digestif qui analysent la prise alimentaire en termes quantitatif mais aussi qualitatif, c’est à dire en fonction de la nature chimique des aliments consommés.

Ainsi, un certain nombre de mécanismes régulateurs du comportement alimentaire, c’est-à-dire du mécanisme faim-satiété, ont été clairement identifiés. On peut en tirer profit pour établir quelques règles simples destinées à nous aider à gérer aux mieux notre alimentation de tous les jours, avec le souci de conserver ou d’acquérir un poids de bonne santé.

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Règle n°1 :

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Eviter de consommer en excès et notamment à jeun ou entre les repas des aliments riches en sucres simples (on disait « rapides » autrefois) comme viennoiseries, pain blanc, confiture, miel, jus de fruits, sodas… qui vont entraîner une variation importante et rapide de la glycémie. Qui dit variation dit montée puis chute : cette dernière, encore appelée hypoglycémie réactionnelle, va entraîner une nouvelle sensation de faim (fringale réactionnelle), et c’est reparti…

 

Règle n°2 :

Compte tenu de la règle n°1, porter attention à la composition du petit déjeuner qui peut être déterminant pour le comportement alimentaire de toute la journée. Veiller à ce qu’il soit composé de glucides complexes (pain complet ou céréales complètes) plus rassasiants et d’absorption lente plutôt que de glucides simples donc rapides. pain blanc, confiture..). Ajouter une protéine (un œuf par exemple et un laitage) est recommandé, cela contribue également à réduire la fringale de fin de matinée et il est prouvé que l’on mange moins au repas de midi.

 

Règle n°3 :

Faire passer le plat principal avant les hors d’œuvres. En effet en présence de certains aliments et du fait de leur nature chimique, le tube digestif sécrète des hormones qui ont un effet rassasiant. C’est le cas des protéines (œuf, poisson, viande, laitages), dont on a découvert récemment le mécanisme d’action 1, et des lipides (corps gras) 2 que l’on consommera avec modération, en raison de leur apport calorique important.
En un mot : la viande avant les carottes râpées !

 

Règle n°4 :

Manger lentement, mâcher longuement. En effet, il est prouvé que la mastication provoque la libération d’une hormone agissant sur le centre de la satiété 3. De ce fait on évitera les repas à texture liquide ou semi-liquide peu rassasiants, les aliments moulinés ou hachés.
En bref : un morceau de viande un peu ferme avec du pain de la veille plutôt qu’un hamburger!

 

Règle n°5 :

Se mettre à table à des horaires relativement réguliers et éviter de sauter un repas, car source de « faim de loup » et de rattrapage ultérieur anarchique, souvent à base de snacks à haute valeur calorique et peu rassasiants. Eviter également, durant la prise alimentaire, de se livrer à une autre activité (télévision, ordinateur, lecture..) perturbant l’appréciation visuelle des volumes ingérés, qui est l’un des facteurs conditionnant la satiété.
En résumé : je ne fais pas que cela, mais quand je suis à table… je suis à table !

 

Bibliographie

  • 1. Mithieux G et al. Portal sensing of intestinal gluconeogenesis is a mechanistic link in the diminution of food intake induced by diet protein. Cell Metab. 2005 Nov;2(5):321-9
  • 2. Beglinger C, Degen L. Fat in the intestine as a regulator of appetite--role of CCK. Physiol Behav. 2004 Dec 30;83(4):617-21. Review.
  • 3. Cassady BA et al. Mastication of almonds: effects of lipid bioaccessibility, appetite, and hormone response. Am J Clin Nutr. 2009 Mar;89(3):794-800. Epub 2009 Jan 14.
 

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